vendredi 10 septembre 2010

vie locale


A partir de vendredi prochain, nous animerons une petite rubrique à la radio de Ville-Marie pour faire connaître la jeune génération de la chanson française. Merci de nous envoyer vos bonnes idées, vos coups de coeur par mail ou sur le blog.
Les Not U, envoyez-nous une de vos meilleures.

mardi 7 septembre 2010

Alien



On aura appris trop tard qu’on ne lâche pas la sécurité sociale sans précautions.
Nil a eu un impétigo bulleux (cloques moyenâgeuses) sous le nez pendant l’été après une baignade en eau suspecte. La vitesse de propagation des cloques nous a obligés à consulter rapidement un généraliste à Southampton (USA). On s’était imaginé que ça nous arriverait à la fin du voyage ; consultation à 160 dollars les cinq minutes et 50 dollars d’antibiotiques dynamités qui font disparaître presque instantanément les symptômes, pire que la Sodexho !
Avant notre départ, nous avons négligé des petits boutons sur le ventre de Nil qui ont proliféré tout l’été jusqu’à ce que je demande, forts de notre expérience aux US, une consultation par mail, photos à l’appui à ma dermato de Marseille.
Le diagnostic est tombé comme une tuile : Molluscum Contagiosum, virus très contagieux entre enfants, nécessite éradication ! C’était la ruine ou la bricole-maison . A l’unanimité contre un : la bricole !
Sur les conseils de ma dermato, il nous fallait un scalpel pour décapiter et cureter nous-mêmes Alien mais le temps de trouver l’arme et les bonnes conditions sanitaires pour passer à l’action, les boutons se sont installés en masse sur le torse et les bras de Nil. Une vingtaine de « verrues » à enlever, soit entre deux et quatre par jour sur un garçon de 5 ans petit dernier-gnan-gnan-gnan.
C’est à la quincaillerie d’un village des Laurentides que nous avons acheté un « exacto », entre cutter et scalpel. Coton, compresses, alcool, lampe, la vraie vie de pionniers. Nil, le couteau entre les dents et une lampée d’eau de vie au bon moment.
2kg d’Elma crème, des dessins animés et des promesses de bonbons sur 5ans nous sauveront de l’apocalypse familiale.
Les deux premières effusions de sang ont failli nous faire renoncer et puis finalement, au bout d’une semaine on regardait les dessins animés avec Nil en explosant Alien.
VIVE LA SECU !

dimanche 5 septembre 2010

Un ours à 100m !

On s'en doutait un peu et puis on l'a voulu : 5 septembre, 8°C, pluie !
On a eu le temps hier, de passer à Emmaüs Canada, des chaussures pour 1 dollar, un manteau pour un autre dollar et un béret poilu. On ne pensait pas devoir s'en servir si tôt. On est au Canada, il fait froid, on ne va pas se laisser démonter par un crachin glacial ; on part en forêt guidés par une nouvelle copine d'Anouk.
Deux heures plus tard nous sommes véritablement perdus dans une forêt dense au relief accidenté. Pas de panique, heureusement, la nuit tombe.
Un rapide état des lieux nous fait prendre conscience de l'urgence de quitter la forêt avant la nuit noire : pas de lampe de poche, pas d'eau, pas de téléphone, moins d'humour ; notre balade improvisée commence à ressembler à un fait divers. Les branches nous lacèrent le visage, Nil se coince le pied entre deux rochers, le rythme n'est pas assez rapide et nous tournons en rond sans trouver d'issue.
Les arbres de plus en plus sombres et le bruit de nos pas sur les branches mortes nous font parler plus fort, la consigne étant d'éloigner les monstres. On parle d'Hansel et Gretel, du Petit Poucet et des arbres d'Anthony Brown.
Finalement, un champ à l'horizon dissipe toutes nos inquiétudes : nous ne passerons pas la nuit en forêt, au pire nous dormirons au chaud dans une meule de foin.
Nous avons retrouvé notre voiture à la nuit tombée après avoir traversé le champ en évitant les cornes des vaches, pris l'jus sur les clôtures électriques invisibles dans la nuit et laissé la moitié d'une écharpe sur des barbelés.

Le lendemain, nous partons marcher dans le parc national d'Aiguebelle en Abitibi qui abrite la plus vieille roche du monde (2,7 milliards d'années).
Suspendus à plus de 25 m au-dessus d'une rivière sur une passerelle, on aperçoit un ours, gros, lourd et noir à une centaine de mètres sur l'autre versant. Il est venu manger des baies rouges. Sur les photos, branche cassée par l'ours et caca flou.
C'était donc vrai ! Le reste de notre balade dans ce parc magnifique, même sous la pluie, sera une succession de frayeurs, chaque arbre cachait un ours.

Sur le chemin du retour, dans le silence qu'une telle balade impose aux enfants, nous avons écouté la radio, une émission sur le passé raciste du Canada entrecoupée de chants indiens. Nous n'avons croisé qu'une ou deux voitures dans la nuit noire sur 130 km de ligne droite.
Le Témiscamingue, 3 habitants au km2, 3 lacs par habitant, peu d'embouteillage le dimanche soir.



vendredi 3 septembre 2010

Indian Time


Réjean, notre nouveau copain canadien, responsable de la formation professionnelle au Témiscamingue nous a raconté une histoire drôle sur les indiens.
Un jour, un chef indien vient le voir pour lui demander une formation de 15 jours en construction de bâtiments.
Marché conclu, Réjean trouve formateurs et locaux, la formation peut commencer.
Au début, salle comble tous les hommes sont là et puis un jour en pleine séance, la salle se vide en quelques secondes, les indiens se lèvent et partent.
Le formateur ne comprend pas, il sort, regarde le ciel : des oies sauvages ! Il étaient partis chasser.
That's indian time !
La formation n'a pas pu être poursuivie ; les priorités des uns n'étant pas celles des autres. Le chef indien a dû reconnaître qu'il n'était en effet pas possible de maintenir un formateur dans une salle quasi vide.

Wasik nidibiman anish kibamidineniman !
(nous sommes loin de vous mais pensons à vous, en algonquin. Les algonquins sont les amérindiens de la région. Témiscamingue = eaux profondes.)

jeudi 2 septembre 2010

Le mystère québécois

On cherche toujours l'origine du bien-être québécois et on a peut-être trouvé une piste à l'école St Gabriel : l'oiseau moqueur.



mercredi 1 septembre 2010

Fresque de l'école St Gabriel, Ville-Marie, Québec






La rentrée





Y’ sont relax ces québécois ! Le bonheur est dans l’pré du lac du Témiscamingue ou bien c’est-y nous autr’ qu’on voit tout en rose ? Ville-Marie possède le seul feu de signalisation de toute la région et jour de rentrée, il n’y a pas plus d’activité que d’habitude, on pourrait garer trente TGV devant l’école de Nil et Ingrid.
Le bus est venu les chercher tout les 3 devant la maison, le deuxième jour. C’est d’une efficacité redoutable, en sautant dans un jean-t-shirt, trois bises, un signe de la main, et c’est fini jusqu’au retour par le même bus ! LIBERTAD !

Nil est en rentrée progressive, l’école commence à 5 ans ici, pendant dix jours il n’ira que le matin, le temps pour nous de profiter des derniers plongeons dans le lac, on nous annonce une chute brutale des températures et on ne rigole pas avec ça, on sort les premières armes pulls et manteaux; on sent comme une menace, l’inéluctable arrivée du froid et du gris mais un autre événement prend le dessus : l’ouverture dans un mois, de la chasse à l’orignal.

Ce week-end les « gars » se rendent à leur camp de chasse pour préparer et nettoyer leur territoire, il faut s’y prendre un mois à l’avance pour laisser le temps à l’odeur de l’homme de disparaître. On se frictionne les mains et le visage d’aiguilles de pins pour laisser le moins d’odeurs possible. C’est ce qui marche le mieux, les gants en cuir ou en caoutchouc ont une odeur suspecte qui met l’orignal en alerte.
La rentrée, donc, des instits jeunes, enthousiastes comme s’ils découvraient le métier, des casiers personnalisés avec défi annoncé pour certains (m’habiller plus vite, mieux ranger mes affaires…) des chaussons d’intérieur, deux cuisinières qu’on ramènerait bien en France, une scène de théâtre, des morceaux de tissu pour se déguiser, de nombreux jeux d’extérieur.

Cette école applique la charte d’Ottawa pour la promotion de la santé de 1986. Pour faire court, une meilleure alimentation et plus d’activités physiques sont encouragées.
On a demandé à Ingrid d’écrire quelques lignes sur sa rentrée, seules les fautes ont été censurées :

« Aujourd’hui c’était ma rentrée à Ville-Marie ! Mon école s’appelle St Gabriel et ma maîtresse : Martine mais on doit l’appeler madame Martine et on doit la vouvoyer ! Mais elle est quand même très gentille ! Quand je suis arrivée là-bas, j’avais le TRAC ! Et tout le monde me regardait puis on a rencontré Mme Martine et elle m’a présenté les filles de ma classe.
Ici je suis en 5ème année ! Puis la cloche a sonné et tous les enfants se sont mis en rang et on est montés dans les classes. La maîtresse m’a présentée, elle a dit que je venais de France et elle m’a demandé de montrer la France sur une carte pendant qu’elle montrait le Canada , puis elle m’a demandé d’aller m’asseoir et elle a demandé si tout le monde avait ses affaires.
On est parti en récré et j’ai rencontré ARIANE !
Elle est très sympa et c’est ma nouvelle copine ! On a joué à un jeu de ballon qu’ils ont dans la cour et c’est trop bien ! Et le lendemain je n’avais plus du tout le trac parce que j’étais avec ARIANE !
Et je crois que je vais passer les 3 mois que je passe ici très bien ! »
Ingrid.

Lac Témiscamingue

Lac Témiscamingue